Article et interview réalisés par Marie-Line EL HADDAD
Après neuf années passées à multiplier les expériences, les groupes et les survival shows, Lee Hangyul ouvre un nouveau chapitre de sa carrière. Avec NOISE, son premier album solo, l’artiste coréen entend faire taire les attentes extérieures pour mieux affirmer sa propre identité. À l’occasion de cette sortie, il s’est confié à Blender Book Magazine sur ce nouveau départ, ses années de carrière et l’artiste qu’il souhaite désormais devenir.
« Je suis quelqu’un qui cherche encore à découvrir de nouvelles facettes de lui-même. » À 26 ans, Lee Hangyul pourrait pourtant déjà se prévaloir d’un parcours particulièrement dense. Depuis ses débuts en 2017, le chanteur et danseur a connu plusieurs formations, de X1 à H&D puis BAE173, mais aussi les plateaux des survival shows. The Unit, Produce X 101, Peak Time ou, plus récemment, Starlight Boys : autant d’expériences qui ont rythmé près d’une décennie de carrière dans l’industrie musicale coréenne.
Aujourd’hui, c’est pourtant seul que Lee Hangyul choisit de se présenter. Avec NOISE, son premier album solo, il ouvre un chapitre dans lequel son nom n’est plus associé à celui d’un groupe ou d’une compétition. « Au cours de ces neuf longues années, il y a eu énormément de changements et mon parcours a aussi connu beaucoup de rebondissements. Mais j’ai également énormément appris grâce à toutes ces expériences et je pense avoir beaucoup grandi », explique-t-il.
Une courte période de pause aura finalement suffi à faire naître une évidence : « Je me suis dit : “Peut-être que maintenant, je peux enfin me lancer.” C’est comme ça que j’ai décidé de commencer cette aventure solo. »

Faire taire le bruit
Le titre choisi pour ce premier projet n’a rien d’anodin. Avec NOISE, Lee Hangyul s’intéresse à ces voix extérieures, ces attentes et ces regards qui peuvent finir par couvrir la sienne. Mais lorsque nous lui demandons quel « bruit » il souhaitait personnellement faire taire, Hangyul évoque avant tout une pression qu’il s’imposait à lui-même.
« Je ressentais une certaine pression à l’idée de devoir montrer qui était “Lee Hangyul”. Je voulais me débarrasser d’une partie de cette anxiété », confie-t-il. Se lancer seul implique paradoxalement de devoir redéfinir une identité façonnée pendant près d’une décennie au sein de différents projets. Plus que de montrer une version simplement « améliorée » de lui-même, Hangyul souhaite désormais apparaître sous un nouveau jour, comme un artiste que le public peut redécouvrir.
Cette recherche passe aussi par sa voix, au sens propre. Là où ses précédents projets nécessitaient parfois de laisser de côté certaines de ses caractéristiques personnelles, le format solo lui offre un nouvel espace. « Puisque je dois montrer tout ce que je suis en l’espace de trois minutes, j’ai accordé beaucoup plus d’attention à ce qui me caractérise personnellement », raconte-t-il, citant notamment sa manière de placer sa voix et son timbre.
Une démarche qui fait presque écho à la façon dont il se définit aujourd’hui. Sur scène, Lee Hangyul reste ce performer à « l’énergie explosive » que connaissent ses fans. Une fois les projecteurs éteints, il dit en revanche essayer « d’écouter davantage [sa] propre voix ».

« BUNZI », une question de confiance
Pour présenter ce nouveau Lee Hangyul, encore fallait-il trouver le bon morceau. Et « BUNZI », choisi comme titre principal de NOISE, n’était initialement pas destiné à occuper cette place.
Un autre morceau avait d’abord été envisagé. Mais une fois enregistré, un doute persistait : serait-il capable de le porter seul sur scène ? « Je me demandais constamment : “Est-ce que je vais vraiment réussir à interpréter ce morceau seul sur scène ?” », se souvient-il. À force d’hésiter, l’artiste et son agence décident finalement d’explorer une autre piste.
Puis arrive « BUNZI ». La réaction est cette fois immédiate : « Dès que je l’ai entendue, elle m’a donné confiance en moi. C’est pour cette raison que j’ai choisi “BUNZI”. »
Une confiance qui se traduit naturellement dans la performance, terrain sur lequel Hangyul s’est construit une solide réputation. Pour son premier projet solo, pas question pour autant de choisir la facilité. Avec son chorégraphe, une question s’est rapidement posée : privilégier une performance accessible ou pousser davantage la difficulté pour marquer les esprits ?
« Plus j’y réfléchissais, plus je me disais que faire quelque chose de facile ne correspondait pas vraiment à mon style », sourit-il. Le compromis sera donc une chorégraphie plus exigeante, pensée néanmoins pour rester fluide et agréable à regarder.
Et « BUNZI » ne sera pas seul à mettre ses qualités de performer à contribution. À la fin de notre entretien, Lee Hangyul tient lui-même à ajouter une précision sur les quatre autres morceaux qui composent NOISE : « Cela va peut-être vous surprendre, mais ce sont toutes des chansons dance ! »
Certaines ont été particulièrement amusantes à enregistrer, d’autres plus difficiles à apprivoiser. Toutes participent cependant à la même ambition : dévoiler une facette différente de l’artiste. « Les autres morceaux de l’album sont vraiment très bons, alors j’espère que vous écouterez attentivement les quatre autres chansons, et pas uniquement “BUNZI” ! »

Neuf années pour devenir plus fort
Impossible pourtant de comprendre ce nouveau départ sans regarder le chemin qui l’a précédé. De The Unit à Produce X 101, puis Peak Time et Starlight Boys, les survival shows ont accompagné plusieurs étapes de la carrière de Lee Hangyul. Des expériences successives qu’il aborde aujourd’hui avant tout à travers ce qu’elles lui ont appris sur lui-même.
« S’il y a une chose que je devais retenir avant tout, je dirais que ces expériences m’ont appris à devenir plus fort intérieurement », explique-t-il. Elles lui ont aussi permis de comprendre qu’il pouvait avancer par lui-même : « J’ai compris que tant que je n’abandonnais pas, je pouvais aller beaucoup plus loin que je ne le pensais. »
Entre le jeune artiste qui faisait ses débuts en 2017 et celui qui présente aujourd’hui son premier album solo, beaucoup de choses ont donc changé. À l’époque, Hangyul se souvient avoir eu du mal à maîtriser sa nervosité sur scène. Neuf ans plus tard, l’expérience lui permet davantage d’observer ce qui l’entoure, de communiquer avec son public et, surtout, de profiter du moment.
Une chose, elle, est restée intacte : « J’aime toujours autant être sur scène. »

Au-delà du performer
C’est peut-être là que réside finalement l’un des enjeux de NOISE. Lee Hangyul sait quelle image le public possède déjà de lui : celle d’un danseur et performer particulièrement solide. Son premier album solo doit désormais lui permettre d’élargir cette définition.
« J’aimerais qu’en découvrant cet album, les fans et le public puissent se dire : “Ah, Lee Hangyul est également capable de très bien interpréter ce genre de musique.” »
Plus largement, il souhaite s’imposer comme un artiste suffisamment polyvalent pour recevoir différents univers musicaux et se les approprier. NOISE ne cherche donc peut-être pas tant à présenter un « nouveau » Lee Hangyul qu’à élargir l’image que le public connaît déjà de lui.
Et parmi les scènes qu’il lui reste encore à découvrir figure la France, où l’artiste confirme ne s’être jamais produit. Une destination qu’il aimerait ajouter à son parcours : « Si j’en ai l’occasion, j’aimerais vraiment venir en France afin de rencontrer mes fans sur place et de partager une scène avec vous. »
Une rencontre qui reste encore à écrire. D’ici là, c’est avec NOISE que Lee Hangyul donne rendez-vous à son public, ouvrant avec ce premier album solo un nouveau chapitre de ses neuf années de carrière.

REMERCIEMENTS :
PHOTOGRAPHIE
ORCA MUSIC
RANI
STYLISME
JIHYE PARK @JAE E
DAEUN SHIN
MAQUILLAGE
GAYOUNG JUNG @TM_BLOOM_
COIFFURE
SOHEE JUNG @TM_BLOOM_
COORDINATION INTERNATIONALE
HEEJU CHO
TRADUCTION
EUNKYO PARK
